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Giuliana B. Aguirre - Any secrets worth my time ?

losing a battle... still fighting for the war
Seyrane de Larant

Divine plume
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733
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18/08/2013

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Mer 18 Juil - 0:09





© tumblr


Giuliana Beatriz Aguirre
— « une sainte avec le diable au cœur » —
Une femme de pouvoir, influente et respectée. Voilà l'idéal auquel aspire Giuliana, souvent surnommée Gia. L'ambitieuse Étrangère met au service de cet objectif sa fine compréhension de la nature humaine ; prête à tout pour assurer sa réussite, elle exploite sans vergogne l'irrépressible penchant de l'homme pour le péché. Dans les recoins du lupanar de Vivendale, elle jongle avec adresse entre l'envie, la luxure et l'orgueil des hommes pour obtenir ce qu'elle veut. Du haut de ses 31 ans, Gia est une femme indépendante et déterminée qui entend obtenir une place de choix au sein de la pègre vivendalaise, quel qu'en soit le prix. Conciliant une beauté sans pareille à un esprit vif et audacieux, la somptueuse rousse attire regards et ragots sans attacher grande importance ni aux uns, ni aux autres. Mais les bas-fonds de la ville concentrent ambitions concurrentes et dangereux secrets. Un oiseau au plumage si flamboyant peut vite s'y brûler les ailes...


Cette fiche est
en cours

« sharp is the diamond when you hold it too tight / will you handle the pain just to keep it in your hands ? »


histoire
Giuliana concentra toute son attention sur les fissures qui zébraient le plafond abîmé au-dessus de sa tête. Elle s'imaginait suivre leur tracé du bout des doigts, sentir le frottement râpeux de la chaux contre sa peau. Elle se figurait transformer toute la pièce, ajouter des moulures, des bibelots, des tentures. Cette rêverie constituait toujours son échappatoire pendant une mauvaise passade. Et celle-là était particulièrement désagréable. Le corps flasque et moite d'un homme trop mûr s'agitait inutilement contre le sien. Son haleine fétide coulait contre son cou, ses doigts engoncés de bagues tape-à-l'oeil s'enfonçaient dans sa chair. Dégarni de sa perruque, son crâne lisse et brillant avait quelque chose de repoussant. Tout en lui respirait l'obscénité, une luxure malsaine. Mais Gia était plus ennuyée que rebutée. Elle avait l'habitude de ce genre d'hommes, puisqu'ils constituaient la majorité des clients de la maison. Des voyageurs, des marchands richissimes, des mercenaires aisés. Ils étaient tous de passage, ce qui avait au moins l'avantage d'épargner aux filles la lassitude des mêmes visages, chaque semaine. Le client, tout en continuant sa fastidieuse besogne, s'était mis à grommeler des paroles incompréhensibles et la jeune femme commençait à trouver le temps long. Elle se souleva légèrement sur les coudes avec l'espoir d'amorcer un peu de mouvement. Tout à coup, l'homme se métamorphosa. Cette sortie de la passivité devait être une offense jeté à sa vitalité sexuelle. Il se redressa et sa face ronde vira au rouge écarlate. Ses petits yeux mesquins étaient si enfoncés dans ses orbites, et dissimulés par la graisse de ses joues, qu'on n'en voyait presque que l'éclat dur. Il prit une large inspiration et se projeta contre Gia comme pour annoncer le coup de grâce. Mais rien ne vint, et elle ne sut dire si l'accès de rage qui le prit était véritablement dirigée contre elle ou contre sa propre incompétence. À vrai dire, elle n'eut pas vraiment le temps de réfléchir puisqu'il enserra sa main poisseuse autour de sa gorge et referma sa prise violemment. La rousse commença à tousser et essaya de se dégager. Sa deuxième main rejoint la première et il resserra l'étau. L'air commençait à manquer. Gia se débattit de plus belle, sentit la panique envahir son corps et son cerveau. Elle battit des bras, voulut le repousser mais il était trop lourd et massif pour qu'elle se dégageât de son étreinte. Elle suffoquait. Des taches noires parsemèrent sa rétine, sa vision se brouilla. Elle cligna brièvement des yeux, et quand elle les rouvrit, elle n'était plus dans la sordide chambre de la maison close.

Elle était dans sa chambre, une petite pièce au premier étage de leur maison. Lorsqu'elle était enfant, sa famille habitait dans une région particulièrement boisée, où l'emploi était principalement fourni par la forêt. L'un des rares endroits de la contrée où les masures étaient entièrement construites en bois. Elle revoyait avec nostalgie les petits détails de la pièce. L'odeur réconfortante du pin et le contact rugueux de la couverture de laine semblaient presque réels. Mais la douce rêverie tourna soudain au cauchemar. La porte de sa chambre s'entrebâilla, et les souvenirs enfouis dans les limbes de son inconscient refirent surface. Une silhouette masculine se profila dans le rai de lumière. Gia observait la scène depuis l'extérieur, comme si elle s'était tenue à côté du lit. Un homme entra. Elle plissa les yeux pour distinguer ses traits dans la pénombre. Ça n'était pas son père. Son visage avait quelque chose de familier, mais elle peinait à le reconnaître. Il s'avança lentement, précautionneusement vers le lit où la petite Giuliana ensommeillée se redressa. « Oncle Jim ? »  La rousse comprit, trop tard. Elle voulut s'élancer vers le lit, repousser ce prédateur dégoûtant, crier, hurler, s'époumoner dans le noir, mais rien ne vint. Elle ne put émettre un son.

Soudain, le poids accablant sur sa poitrine disparut. Elle rouvrit les yeux et hoqueta. L'air était brûlant dans sa gorge et ses poumons, et elle se mit à tousser violemment. Elle tenta de reprendre son souffle en respirant régulièrement, mais elle étouffait toujours. Après une dizaine de secondes entre la vie et la mort, la jeune femme constata que ses mouvements n'étaient plus entravés et se redressa. L'homme gisait sur le dos à côté d'elle, haletant et suant comme un bœuf, avec sur le visage l'air satisfait de celui qui a assouvi son désir. Ils restèrent encore quelques minutes ainsi : lui, dans un océan de satisfaction ; elle, trop sonnée et incrédule pour savoir que faire. Mais avec chaque seconde écoulée, Gia réalisait un peu plus ce qui venait de se passer. Et d'un coup, la rage à laquelle elle n'avait pu laisser cours dans sa vision la frappa, avec une telle violence qu'elle en eut d'abord le souffle coupé. Une tempête d'émotions contenues s'abattit sur ses épaules. Elle se mit à sangloter de peur et de colère. La réalité semblait brisée en milliers de fragments éparpillés, comme si elle vivait depuis le début dans un univers parallèle, dont elle aurait tout juste cassé l'enveloppe de verre. Une douleur indicible lui tordait les entrailles. Il n'avait pas le droit. Elle se répéta ces mots comme un charme pendant qu'elle cherchait calmement ses vêtements. Tout à son contentement, le client ne bougeait pas. Pas le droit. Pas le droit. Pas le droit. Elle avait repris une respiration régulière et ses larmes se tarirent. Ses gestes ne laissaient rien paraître de la fébrilité furieuse qui l'habitait. Enfin, elle trouva. La lueur de la flamme se refléta brièvement dans le métal de l'objet. L'homme leva le bras et apposa sa grosse patte contre son dos nu. Elle frémit. Pas le droit, pas tant de l'étrangler - il n'était pas le premier à s'adonner à ce genre de pratique - que de ramener aux portes de sa conscience un souvenir qu'elle avait si soigneusement écarté. Il laissa sa main glisser jusqu'à ses reins et lui pinça la hanche. Elle fit volte-face brusquement, les traits déformés par un rictus atroce, et enfonça résolument sa dague dans la poitrine du client. Il sursauta, laissa échapper un grognement. Elle retira la lame, contempla les gouttes vermillon qui roulaient sur le tranchant argenté, puis la plongea de nouveau dans le corps déjà inerte. Et encore. Et encore. Et encore. Les sanglots reprirent, et bientôt Giuliana se retrouva nue, les mains couvertes de sang et le visage baigné de larmes, au milieu de draps froissés cachant difficilement le cadavre qui refroidissait.

* * *

La rousse frotta vigoureusement ses paumes gantées l'une contre l'autre pour tenter de se réchauffer. Cela faisait plusieurs dizaines de minutes qu'elle attendait dans l'ombre au coin d'un bâtiment, et le froid hivernal lui mordait les joues. Enfin, elle aperçut une silhouette capuchée qui se hâtait vers elle. Elle reconnut Rosie, une fille de la maison, dans la lueur d'une torche. « Gia, je suis désolée. Ils ont trouvé le cadavre. Il faut que tu partes. » La jeune femme se décomposa. « Madame m'a donné ça pour toi. » Elle lui tendit une bourse de cuir. « C'est ta paye. » Gia demeura muette. « Écoute, je pense que tu devrais quitter la ville. Il n'y a plus rien pour toi ici. Ils sauront. » Elle acquiesça et voulut ébaucher un sourire, mais son visage était glacé. « Merci, Rosie. »  Elle rabattit sa propre capuche sur son front, tourna les talons et s'éloigna dans l'obscurité.

* * *

Giuliana savoura le goût âcre du whisky et se laissa aller contre le dossier moelleux de son siège. Rares étaient les soirées aussi calmes. Le lupanar tout entier semblait plongé dans le sommeil. En ces temps troublés, peu d'hommes fréquentaient les chambres à l'ambiance tamisée du principal établissement de Vivendale. Mais la lionne se souciait bien peu de la guerre. C'était l'avantage du métier ; quels que soient les évènements, tant qu'il y aurait des hommes sur Terre, les maisons closes subsisteraient. Le bruit régulier de pas dans l'escalier interrompit le fil de ses pensées, et elle se tourna à l'instant où le maître des lieux passait le pas de la porte. « Ah, Gia. Je me demandais pourquoi il y avait de la lumière. » . La jeune femme embrassa son interlocuteur d'un bref coup d'œil. Maeglin était charmant et charmeur, elle n'était pas d'assez mauvaise foi pour se refuser à l'admettre. Mais elle n'avait jamais cédé à la tentation de lui faire des avances. Dès les premiers jours, Gia avait compris comment la maison fonctionnait et elle ne serait pas une parmi d'autres. À l'aube de dix années passées à Vivendale, et autant travaillées entre ces murs, l'Étrangère avait tracé sa propre voie jusqu'aux faveurs du roi. « Comme tu le vois, je profite de ma soirée. » Elle marqua une pause. « Il n'y en aura pas de semblable avant longtemps. » ajouta-t-elle d'un air songeur. Nouvelle souveraine, nouveaux sujets : les cartes allaient être rebattues, les stratégies modifiées, les codes bouleversés. Mais s'il y avait bien un second métier pour perdurer tant qu'il y aurait des hommes, c'était celui d'assassin. Katharina allait peut-être transformer la ville, mais son règne n'annonçait sûrement pas la fin des festivités dans les bas-fonds. « Même les Témériens doivent avoir des choses à cacher... » conclut-elle avec un sourire moqueur.


D'où viens-je ? Giuliana est née et a vécu la majeure partie de sa vie dans les Basses-Terres, bien au Sud de Vivendale. Issue d'une famille de bûcherons, elle s'est échappée du domicile familial et a commencé à travailler dans une des grandes cités commerçantes de la région comme prostituée. Suite à l'épisode conté un peu plus haut, elle a été forcée de quitter les lieux et s'est installée à Vivendale il y a une dizaine d'années.
Où vais-je ? À Vivendale, Gia a continué à exercer son métier. Fascinée par les intrigues et les manigances, elle est bientôt devenue une des personnes les mieux renseignées des bas-fonds. Lorsque Magelin a repris la gestion du lupanar, elle a mis ses talents de conspiratrice à son service.




behind the computer
 
Et voilà ! Presque 4 ans après la création de mon dernier personnage, un petit vent de nouveauté fait le plus grand bien. Meet Giuliana, sous les traits de la charmante Jessica Chastain. J'espère qu'elle vous plaira, elle n'attend que vous.
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© fiche par hailey j. kingtson

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Malbe

Expié engagé
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06/12/2013

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Mer 18 Juil - 9:54

Magnifique introduction au personnage. Des rps palpitants se dessinent, on sent le pouvoir de Gia émaner des bas-fonds ! J'adore !


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Hailey J. Kingston

Fondatrice
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1241
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24/10/2012

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Mer 18 Juil - 12:06

Ce sont ceux qui viennent des bas fonds les meilleurs, Teresa approuve cette superbe Gia, déjà rien qu'au nom j'étais en amour alors après avoir lu l'intro, c'est bon je l'ai adopté !



Although we may be delicate and soft, some men who are delicate are also strong; and others, coarse and harsh, are cowards
- veronica franco
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Dezbaa

Expié de talent
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419
Date d'inscription :
03/04/2015

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Mer 16 Jan - 9:09

POPOPOOOOO. Je te l'ai déjà dit, je me répète, mais c'est pas grave : ce personnage et son histoire sont géniaux Giuliana B. Aguirre - Any secrets worth my time ? 245871251 Encore une fois tu as su allier la fragilité à la force et la douceur à la violence Giuliana B. Aguirre - Any secrets worth my time ? 3414035315 Et comme toujours, cette plume Giuliana B. Aguirre - Any secrets worth my time ? 4239105692 Mae est content de pouvoir compter Gia dans ses rangs, je suis sûre qu'ils vont faire de grandes choses ensemble Giuliana B. Aguirre - Any secrets worth my time ? 120843076
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